Qu’est-ce que ça prend pour être heureux?

Je me la pose souvent, cette question-là.

C’est que voyez-vous, ces dernières années, j’avais tout pour être heureuse. La belle maison (le décor parfait pour que mes filles aient une enfance heureuse), des enfants en santé, un beau mari, une certaine sécurité d’emploi, un bon salaire. Une vie apparemment parfaite, et malgré cela, l’impression que si je passais une année de plus ici, dans ce décor, j’allais y laisser ma peau.

Je me sentais comme un oiseau en cage.

Alors on a vendu la maison, et on part. Pour un ailleurs pas aussi loin que je l’aurais souhaité, et où je ne sais ce que je vais trouver. Certains moments, je me sens coupable…  J’ai cette impression de vivre une fuite, et de faire payer mon mal-être à toute ma famille. Je pense à cette phrase qu’on entend si souvent: le bonheur est l’intérieur de soi. J’ai beau me dire ça depuis des années, je ressens, au plus profond de moi, que mon bonheur à moi est ailleurs.

Il n’y a pas que cette phrase qu’on entend souvent sur le fameux bonheur. J’ai fait un petit google, et j’ai trouvé ces affirmations que vous reconnaitrez sans doute:

« Le bonheur, c’est maintenant »

« Le bonheur est partout »

« Le bonheur vient de l’intérieur »

« Fais ce que tu aimes et tu seras heureux »

« Le bonheur est la seule chose qui double quand on le partage! »

« Le bonheur se cultive »

« Le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager »

« Le bonheur, c’est d’aimer ce que vous avez »

« Il n’y a pas de clé pour le bonheur, la porte est toujours ouverte »

Le genre de phrases pour te faire déprimer quand tu files malheureux. (Coudonc, le bonheur est partout, pis moi je le vois pas… ça se cultive, je dois être vraiment mauvaise jardinière… fais ce que tu aimes… facile à dire… aime ce que tu as… pourquoi je suis pas heureuse alors que j’ai TOUT?!!!!!!!)

Vous imaginez mon intérêt quand je suis tombée hier, tout à fait par hasard, sur le dernier numéro du magazine Science et Vie, qui contient un dossier intitulé: Le bonheur, mais où se cache-t-il?

J’y ai appris des choses vraiment intéressantes. Pas juste des belles phrases à afficher sur son frigo, mais des informations scientifiques, dont certaines viennent contredire les croyances populaires.

Ainsi, selon les recherches, il y aurait des gens plus heureux, d’autres moins heureux. C’est génétique. Alors oui, le bonheur est à l’intérieur de soi, sauf que certains en ont plus que d’autres! Injuste, hein?

Ensuite, les événements de la vie d’une personne n’influencent pas vraiment son bonheur. Temporairement, oui, mais généralement pas au-delà de deux ans, où peu importe ce qui s’est passé dans son existence, l’humain revient à son niveau de bonheur initial. Ainsi, après avoir gagné le million, les gens reviennent au bout de 2 ans à leur niveau de bonheur d’avant. Même chose pour la maternité. Le bonheur de la mère croit tout au long de la grossesse, pour atteindre un pic à la naissance, et redescendre tranquillement jusqu’à ce que l’enfant ait trois ans. Alors, c’est le retour à la case départ.

Voilà donc qu’en déménageant, je m’achète 2 ans de tranquilité. Après ça, retour à la case noire..? Ouille.

Toujours dans cet article, j’ai appris qu’il y aurait aussi deux types de personnes, avec des gènes différents ayant un impact sur le bonheur. On aurait identifié la partie de l’ADN responsable. Si certains sont plus à risque de sombrer après un certain nombre d’événements malheureux, ils réagissent aussi mieux aux thérapies. Génétiquement, certaines personnes sont aussi plus sensibles à leur environnement.

Je vulgarise peut-être trop, mais scientifiquement, changer de décor pourrait donc rendre certaines personnes plus heureuses? Le bonheur ne serait donc pas qu’à l’intérieur de soi, comme on essaie de nous en convaincre si souvent? Docteur, je serais donc normale? Oubliez le Prozac, réservez-moi vite un truck de déménagement!

QU’EST-CE QUE LE BONHEUR?

L’autre chose vraiment surprenante, c’est la définition que donnent certains spécialistes au bonheur. Même si on le mesure généralement dans les études en posant aux gens des questions du type « Sur une échelle de 1 à 10, comment évalueriez-vous en ce moment votre niveau de bonheur? », se fiant aux sentiments des gens, certains scientifiques définissent le bonheur comme « l’état de quiconque se réjouit de ce qu’il va vivre ».  Ils ont trouvé ça en analysant ce qui se passe dans le cerveau lorsqu’une personne se sent heureuse. Selon les observations, le bonheur, plus que tout, serait le fruit d’une représentation positive du futur. 

Ceci explique sans doute pourquoi, depuis qu’on a vendu la maison, je me sens déjà plus heureuse, sachant que je m’apprête à vivre une nouvelle vie, même si, dans le quotidien, c’est l’ancienne vie que je vis toujours, celle qui me rendait malheureuse il y a 3 mois à peine. Oui, tout serait donc dans la tête, même si ça contredit la théorie énoncée précédemment. Et ça explique aussi pourquoi, au fond, j’étais si malheureuse depuis 5 ans, déçue année après année de ma situation professionnelle et me rendant à l’évidence que les choses ne risquaient pas de s’améliorer. C’est simple: No future = No happiness. 

Le bonheur, ce n’est donc pas que maintenant, tant pis pour la croyance populaire.

ET LES AUTRES DANS TOUT ÇA?

Il n’y a pas de hasard, j’ai aussi vu récemment  un TED Talk du chercheur Robert Waldinger, où ce dernier rend compte de la plus longue étude réalisée sur le bonheur. C’est du sérieux, l’étude provient de Harvard. Ils ont interviewé pendant toute leur vie deux groupes d’hommes, l’un composé d’étudiants à la vie prometteuse, l’autre composé de jeunes hommes issus d’un milieu défavorisé. Ils les ont suivis depuis les années 30. Certains ont vécu pauvres, l’un d’eux est devenu président des États-Unis. Après 75 ans d’analyse, ils en sont venus à la conclusion que le facteur le plus déterminant d’une vie heureuse est la qualité des relations humaines d’une personne. Vivre bien entouré rendrait plus heureux, ça c’est bel et bien vrai.

Cultiver son bonheur, c’est donc possible, en cultivant d’abord ses relations.

Je m’apprête à quitter une région où j’ai mis des années à tisser des liens, et où, malgré tout, je souffre encore parfois de « ne pas avoir d’amis », en grande partie par ma faute. Dans ma nouvelle vie, je me promets de m’investir davantage à ce chapitre. Je me promets aussi de ne plus rester pendant des années dans une situation où le futur me semble désespéré.

M’ouvrir aux autres, choyer mes proches et croire en un avenir heureux.

Ça semble si simple 🙂

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Tout ce que je veux, c’est vendre de la crème glacée

Les 12 derniers mois ont pas été faciles, il faut que je vous le dise.

Après un accident de ski et 189 jours de congé de maladie, à me demander si un jour je reprendrais ma vie d’avant…

Après avoir repris le travail à 50 % d’abord, puis à 110 % pour compenser le manque d’heures du début…

Après maintenant 23 semaines à parcourir en moyenne 90 kilomètres par jour pour me rendre au travail, dans des routes de campagne de marde et dans des conditions météo pas toujours drôles et souvent imprévisibles…

Après m’être adaptée depuis septembre à 93 nouveaux élèves âgés de 16 à 94 ans, chacun avec ses besoins, ses objectifs, ses difficultés, ses diagnostics, ses rêves et sa personnalité propre…

Après avoir eu à enseigner de l’alphabétisation, du français, des maths, de l’informatique, de la francisation, du cerveau actif, de l’histoire et préparé des cours pour 26 niveaux ou matières différentes (oui, oui, dans la même semaine!)…

Après m’être déboité l’épaule à trainer ma boite à lunch, mon gros sac d’école, ma sacoche, mes souliers pour l’intérieur et parfois mon ordinateur portable dans 6 écoles différentes et deux résidences pour personnes âgées chaque semaine…

Après avoir regardé ma situation professionnelle en face et vu que ça m’avait pris 7 ans d’attente et d’investissement pour en arriver là…

Après être allée en vacances au bout du monde, avoir décroché, être revenue et m’y être replongée de force, au coeur de l’hiver…

Après avoir, par dessus le marché, enduré jour après jour des douleurs chroniques, souvenirs trop présents de mon accident de 2015…

Il faut que je vous dise, après tout ça, j’ai pas juste envie de vendre ma maison et de déménager. J’ai envie de changer de vie. J’ai des images tout à fait fabuleuses dans la tête, quand je pense à mon avenir rêvé…

Je me vois derrière mon comptoir de crème glacée, avec mon petit tablier fleuri, mon beau sourire et mes clients satisfaits, préférablement dans un pays où il fait toujours chaud…

On a vendu la maison et on déménage, oui. Mais soyons réalistes, les chances que j’aille vendre de la crème glacée au salaire minimum sont… minimes. Car j’aime aussi le luxe, ça aussi il faut que je vous le dise. Faudrait que j’aie mon commerce, et ça, c’est une autre paire de manches (et de chaines, ce dont je n’ai aucune envie).

Je voudrais juste vendre de la crème glacée, ou des brioches, ou encore des souvenirs aux touristes, comme quand j’étais étudiante, mais la tentation est grande de sauter sur la première « vraie » job à l’horizon. La preuve, je viens de passer une entrevue pour le type d’emploi que j’ai osé quitter il y a deux ans. Un beau poste en éducation à Québec, qui mettrait à profit mes 20 années d’expérience dans le domaine. C’est tellement plus simple de sauter sur la première case sécurisante que de réaliser ses rêves…

J’ai envie de changer de vie mais je m’en rends compte, ça sera pas si facile non plus.

Redevenir locataires après avoir eu sa maison: guide de survie

En étant propriétaires, on fait ce qu’on veut, surtout quand les voisins sont plutôt loin. On peut laisser les enfants peindre sur le plancher du sous-sol, on peut jeter des murs à terre, on peut décider de refaire sa salle de bain en rouge et on peut même enlever les portes des garde-robes sans les remplacer, juste parce qu’on aime ça de même. Quand on a vécu longtemps dans sa propre maison et qu’on retourne en appartement, il faut se préparer au choc de recevoir une liste de règlements à respecter. Sur l’égo, ça fait un petit quelque chose. Comment dire, il faut lutter pour ne pas se sentir… infantilisé? Voici en exemple quelques règlements qui m’ont beaucoup surprise à la signature de notre bail:

  1. Interdiction de faire une vente de garage sans la permission écrite du propriétaire. (Dommage, surtout qu’on déménage sur une rue où circulent beaucoup de piétons et que ma plus vieille saura vite flairer l’occasion d’y faire de l’argent!)
  2. Interdit de suspendre un drapeau patriotique devant notre balcon (même le jour de la fête du Canada?)
  3. Comportement: « Le locataire doit se comporter de façon à ne pas troubler la jouissance normale des autres locataires, sous peine d’expulsion ». (Je comprends, c’est la loi… c’est juste que la formulation est drôle!!!)
  4. Obligation de maintenir le chauffage à minimum 18 degrés, et attention, maximum 24 degrés. (Munitions pour mon mari pour me faire baisser le coût de la facture d’électricité).
  5. Interdiction de jeter ses déchets dans la cour et obligation d’utiliser la poubelle.
  6. Interdiction d’avoir un lit d’eau. (ça existe encore?)
  7. Le nettoyage du plancher flottant se fait avec un linge légèrement humide. (Merci pour les conseils ménagers…)
  8. Interdiction de faire des rénovations. (Voilà qui ENCHANTE mon mari. C’est LE règlement par excellence!)
  9. Obligation d’avoir le téléphone.
  10. Interdiction de mettre de la couleur au plafond. De plus, il faut une autorisation écrite pour peindre le logement en foncé. (Ça ne sera pas notre problème, on a choisi notre appartement car il est fraichement rénové de A à Z. Aucune peinture en vue!)
  11. Des frais de 25 $ sont exigés par double de clés. (AYOYE!!! On en a besoin de 3!)
  12. Des frais de 50$ sont exigés pour un débouchage de toilette. (Je réalise enfin la valeur du travail de mon homme…)

En terminant, il faut que je vous le dise, tout ça, ça se digère bien, quand trois jours après avoir signé cette liste de règlements, on reçoit son compte de taxe de la maison qu’on vient de vendre… et qu’on se rend compte qu’il équivaut à QUATRE mois de loyer.

***

Billet à venir sur le même thème: Comment faire fitter le contenu d’une grande maison dans un logement de quatre pièces et demi. Ça vous intéresse? Abonnez-vous à ce blogue!

 

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Le contenu du garde-manger

La maison.

On pourrait choisir de louer un container et mettre ce qu’on souhaite garder sur un bateau. Mais je ne pense pas qu’on décide de faire ça. Ça coûte très cher, et à quoi bon partir si loin si c’est pour vouloir recréer son chez-soi à l’autre bout du monde?

Il y a les choses remplaçables, comme la vaisselle et les rideaux, mais qu’il faudra racheter là-bas et racheter encore si un jour on revient. Et il y a les choses irremplaçables, difficiles à se départir, comme les souvenirs, les meubles de famille ou ceux construits par mon mari. Pour les enfants, il y a un grand attachement aux objets personnels, particulièrement aux trop nombreux toutous et aux jouets reçus en cadeau.

Plus on a de possessions, plus on aime ce qu’on possède, et plus la liberté de partir est coûteuse financièrement et émotivement. Ça a l’air superficiel, mais c’est un grand facteur dans la décision d’aller vivre ailleurs et ça va demander beaucoup de doigté pour transformer cette expérience en quelque chose de positif pour les enfants. Beaucoup de détachement et de confiance en la vie pour les parents. Et beaucoup, beaucoup de travail pour vider la maison.

C’est peut-être un peu pour ça que je me suis laissée convaincre d’attendre encore, le temps que mon mari soit prêt lui aussi à voguer vers de nouveaux horizons. Pour l’instant, notre ailleurs sera donc à 100 km à peine, où on vient de louer un petit appartement – environ 25% de superficie de notre maison actuelle. On devra faire des choix parmi nos possessions, mais pas se débarrasser de tout, tout de suite. Une période de transition.