Comment faire fitter le contenu d’une grande maison dans un petit 4 et demi

Selon de récentes études, une personne vivant en Mongolie possède en moyenne 300 objets. Au Japon, c’est 6000 objets par personne. Aux États-Unis, la famille typique vit dans une maison où on retrouve en moyenne 300 000 objets. Je n’ai pas détaillé chez nous, mais ça devait pas mal ressembler à ça, jusqu’à tout récemment.

J’ai quand même fait quelques comptes rapides: 3 divans dont un immense sectionnel, 2 sets complets de salle à manger, 9 bibliothèques, deux lits queen et deux simples, 3 bureaux de travail et leurs chaises, 6 tables d’appoint… Nous sommes une famille de quatre, mais on aurait facilement pu meubler un appartement pour une famille de réfugiés avec tout ce qu’on avait en surplus dans la baraque. On avait aussi deux (ou trois, ou quatre) fois trop de vaisselle, de draps, de serviettes, de tout. Le problème, c’est qu’on achète du neuf pour se faire plaisir, mais qu’on garde quand même le vieux, au cas où on aurait besoin d’extra… et que bien qu’on aime acheter, on n’aimer pas jeter ce qui est encore bon.

Ce n’est pas étonnant que l’idée de devoir emballer tout ça pour déménager ait un effet refroidissant. Et que je me prenne à être nostalgique de ma jeunesse, où j’ai déjà déménagé toutes mes affaires dans le coffre de ma Firefly!

Au cours de la dernière année, me sentant crouler sous le poids de nos possessions, ce n’est donc pas tout à fait par hasard si j’ai été attirée par des lectures faisant l’éloge du minimalisme, un courant qui gagne en popularité aux États-Unis. En gros, le minimalisme, c’est la version moderne de la simplicité volontaire. Il n’y a pas de règle et pas d’obligation d’être granola, juste des bons conseils.

En voici quelques-uns que je m’efforce d’appliquer, afin que le 24 juin prochain, ce que nous possédons fitte parfaitement et sans encombre dans notre nouveau petit logement de deux chambres à coucher:

1 ) Partir du principe qu’on se débarrasse de tout et qu’on choisit ce qu’on garde, et non le contraire!

2) Ne garder que les choses qu’on aime vraiment OU qui sont vraiment utiles.

3) Éviter les doublons inutiles: pas besoin de deux fouets dans la cuisine…

4) Réduire le nombre d’objets qu’on a en grande quantité. De combien d’assiettes a-t-on besoin pour vivre? De cuillères? De draps de rechange? De stylos? De crayons de couleurs pour les enfants? Il faut être réaliste et oser se donner des défis. Ainsi, mon mari et moi avons statué que 5 grandes assiettes et 5 petites, c’était suffisant pour notre famille. Si on a de la visite, il est possible que les assiettes ne soient pas toutes de la même grandeur sur la table, mais est-ce si important? De toute façon, dans la dernière année, on a reçu seulement deux fois deux personnes à dîner. Alors on peut s’adapter.

5) Faire le ménage des vêtements une fois pour toutes. À ce sujet, j’ai adoré les conseils du best-seller japonais Le pouvoir étonnant du rangement de Marie Kondo. Adieu le linge qu’on garde au cas où on maigrirait. Adieu celui qu’on a jamais porté et qui nous fait sentir coupable d’avoir dépensé une fortune pour l’acquérir (et adieu sentiment de culpabilité qui va avec). Adieu le vieux linge qu’on garde « pour l’intérieur », mais qu’on ne porte jamais. Adieu la petite robe qu’on conserve depuis 3 ans pour une occasion spéciale (si on a une occasion vraiment spéciale, les chances sont qu’on voudra s’en acheter une nouvelle!!!). Difficile de revenir en arrière une fois qu’on a goûté à la garde-robe désencombrée!

6) Oser se débarrasser des cadeaux. Ils ont joué leur rôle et rendu la personne qui nous les a offerts heureuse. S’ils n’entrent pas dans la catégorie 2 (objets vaiment aimés ou vraiment utiles), on s’en débarrasse.

7) Oser se débarrasser des souvenirs. Dans le processus, j’ai attaqué les 2 grosses boîtes en carton qui contenaient mes souvenirs de jeunesse et que je trimbalais d’un bout à l’autre du pays depuis 20 ans. Je les ai ouvertes avec une seule intention: regarder leur contenu et le jeter au complet. Je n’ai conservé que mon costume de patinage artistique, qui est de la taille actuelle de mes filles, quelques lettres (dont une de ma chère grand-maman, écrite il y a 30 ans) et quelques cartes postales dont j’aime toujours les images. J’ai jeté tout le reste. Même ma médaille d’argent et mes écussons de patinage artistique (mes filles voulaient les garder, mais je suis certaine que j’aurais fini par les ramasser sur le plancher deux jours plus tard). J’ai gardé ces objets pendant des décennies, pour les montrer à mes enfants un jour. Mission accomplie, je n’en ai plus besoin. Dans la catégorie des souvenirs, il y a aussi les portfolios d’école de mes filles: un gros cartable par enfant par année scolaire. On va réduire à un gros cartable pour tout le primaire.

8) Oser se débarrasser des photos imprimées, qui prennent beaucoup de place. Je pense qu’à ce jour, j’ai débarrassé la moitié des photos, mais on en a encore trop. Quand j’ai demandé à mes enfants combien de photos de chaque année de vie on devrait conserver en souvenir, elles m’ont répondu: une, c’est assez! Alors j’ai statué pour 10. À suivre!

9) Oser se débarrasser des choses qu’on garde au-cas-où. Une suggestion que j’ai lue, c’est la règle du 20-20: si on peut se procurer l’objet en question pour moins de 20 dollars à moins de 20 minutes de chez soi, on s’en débarrasse. Par exemple, des oreillers pour l’improbable visite à dormir.

10) Accepter de se débarrasser de certaines choses qui ne servent qu’une fois par année. J’ai averti toute la famille, on ne fera pas de sapin de Noël dans notre nouvel appartement, on décorera autrement. On libère ainsi 4 boîtes d’entreposage de boules et de guirlandes.

11) Accepter de laisser aller des choses qu’on aime. Il faut se rendre à l’évidence, notre divan sectionnel n’entrera pas dans notre nouveau salon. Nos super tabourets d’îlot de cuisine non plus. Il va falloir vendre des choses qu’on aime, et peut-être même accepter de les laisser aller à petit prix ou de les donner, si on n’arrive pas à les vendre. Pour me consoler, je relis cette citation d’Andy Law, déjà publiée dans mon dernier article: « Unless you are prepared to give up something valuable, you will never be able to truly change at all, because you’ll be forever in the control of things you can’t give up. »

Alors vous vous demandez peut-être, en lisant cet article: Pourquoi tant vouloir posséder moins? Pourquoi vouloir vivre dans plus petit?

J’en conviens, notre démarche est à contre-courant. La plupart des familles avec deux jeunes enfants quittent leur apparte pour acheter une grande maison, pas le contraire! Je rencontre beaucoup d’incompréhension autour de moi: quelques personnes m’ont même demandé si on allait mettre nos affaires en storage. Je sens bien que certains voient notre changement comme un sacrifice, voire un recul. Mais pour nous, ce changement est une aventure. Comment allons-nous nous adapter à un si petit espace? Ça fera sans doute l’objet d’un article dans quelques mois.

Vivre dans plus petit, ça veut dire payer moins pour nous loger, et retrouver ma liberté au niveau professionnel.

C’est retourner vivre en milieu urbain, ce qui me ressemble beaucoup plus.

Posséder moins, c’est retrouver davantage de mobilité, le poids du déménagement étant allégé.

C’est se débarrasser des choses qui représentent notre attachement au passé, pour mieux vivre notre présent, et ouvrir grandes les portes du futur.

C’est passer moins de temps à faire du ménage, c’est moins de traîneries à ramasser.

C’est une prise de conscience et c’est arrêter de dépenser notre argent pour avoir toujours plus.

C’est des valeurs différentes inculquées à nos enfants.

Pour toutes ces raisons, ça vaut la peine d’essayer, non?

 

 

Note: Ne pensez surtout pas que tout ça se fasse sans anicroche: pendant que j’écrivais ces lignes, mon charmant mari est allé s’acheter une nouvelle imprimante, juste pour lui, parce qu’il aime imprimer ses partitions quand il joue de la musique au sous-sol et qu’il est tanné de devoir monter à l’étage pour le faire. Ajoutons donc à ma liste du début: deux f…* imprimantes.

À suivre… 🙂

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2 commentaires sur « Comment faire fitter le contenu d’une grande maison dans un petit 4 et demi »

  1. Je viens de lire tous ces textes depuis le début. Très intéressant. J’ai toujours adoré ta plume. Je t’encourage à poursuivre. Si près de toi et pourtant je te redécouvre à te lire. Pour ma part, je vais commencer ce détachement dès cette semaine en me débarrassant de plein de choses que je garde depuis trop longtemps.
    Merci!

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