Lever le voile sur ma réalité: un an après mon accident à la tête

Quand on subit et peine à se remettre d’un troisième traumatisme crânien léger, on se rend vite compte que la science a ses limites, que son médecin de famille nage en eau trouble, et que la panoplie de spécialistes qui gravitent autour des joueurs de hockey ne font pas légion pour une mère de famille anonyme. Si bien qu’on finit par vouloir passer à autre chose, à prétendre que tout est entré dans l’ordre et à continuer sa vie. Est-ce la blessure physique subie au cou qui me fait vivre des douleurs quotidiennes depuis un an? Est-ce un syndrome post-commotionnel chronique? Honnêtement, je dirais un peu des deux, et je ne chercherai plus de médecin pour m’aider à y voir plus clair. Je ne consulterai plus de physiothérapeute pour essayer de me débloquer le cou, parce que ça ne marche qu’une fois sur deux, et parfois, ça empire la situation. Non, je vivrai avec mon mal, pour le meilleur et pour le pire.

Mon mal?

Douleur chronique à la tête, sous forme de pression qui s’amplifie parfois à en monopoliser toute mon attention, à me saper la concentration.

Hyperacousie, qui est une hypersensibilité aux bruits aigus ou forts, qui me sont extrêmement douloureux à entendre, et peuvent me déclencher un mal de tête en moins de deux. Parfois, je me dis -même si j’ai tort- que j’aimerais mieux être sourde.

Anxiété, qui se présente sous diverses formes: manque de résistance au stress (je perds vite tous mes moyens, alors que je suis une ex-superperformante) et phobies diverses, presque toutes reliées à la peur de subir un nouveau choc à la tête: peur de me cogner, peur des ballons, peur des bousculades, peur des chutes, évitement des endroits bruyants.

Fatigue, qui se pointe plus vite le bout du nez. Quand on a eu mal toute la journée, on n’a plus d’énergie pour rien. Moins d’énergie pour ses enfants, moins d’énergie pour les défis professionnels, moins d’énergie pour les loisirs. Que de moments de découragement j’ai vécus les mercredis de cette année, en route vers mon cours du soir de Sainte-Justine, à conduire la longue route et devoir aller animer pendant 3 heures, alors que je me sentais déjà épuisée par la douleur depuis des heures.

Psychologiquement, il y a des hauts et des bas. Il y a ces merveilleuses journées sans mal, où on réussit à oublier les autres jours et à vivre une vie normale.

Et il y a ces autres jours. Ceux ou tranquillement la douleur s’installe. Et ceux où on se réveille avec un mal de tête déjà envahissant.

Pour les autres qui nous voient aller, tout est normal, car on ne passe pas son temps à se plaindre. C’est vivable et la vie continue. Il faut savoir jongler avec l’ignorance de ceux qui nous entourent, inconscients de notre réalité. Il faut savoir dire non au patron qui en demande plus, alors qu’on est déjà à bout de souffle, alors que tout le monde continue à courir. Il faut savoir se pardonner d’avoir été impatiente avec les enfants, parce qu’on a déjà tout donné au travail. Il faut accepter d’être la mère la plus plate du quartier, celle qui met tout le monde dehors quand l’une des petites amies se met à crier de façon trop stridente malgré les avertissements.

Il y a le deuil des activités qu’on aimait: le ski, les folles glissades sur la neige en hiver, les manèges extrèmes dans les parcs d’attractions, et tout ce qui implique un peu trop de vitesse et de brassage. Faire le deuil d’être la maman cool qui est capable de faire tout ça avec ses enfants.

Il y a ce besoin de calme, de zénitude, de silence. La difficulté à supporter les heures de pratique de son mari musicien. La difficulté à supporter les jeux trop joyeux des enfants. La tristesse, parfois, d’avoir l’impression de les empêcher de vivre.

Il y a, enfin, ce long travail d’acceptation de ce que ma vie est devenue, pour le meilleur et pour le pire.

Le meilleur?

La vie continue avec, aussi, tout ce qu’elle a de plus beau à offrir.

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3 commentaires sur « Lever le voile sur ma réalité: un an après mon accident à la tête »

  1. Bon courage chère Sophie!
    Effectivement, être encore en vie malgré tout et pouvoir profiter de plein de petits moments magique, ça ça vaut la peine et c’est sur quoi il faut focuser! 🙂 Continue de les apprécier et encore une fois: bon courage!

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