10 bonnes raisons de préférer la ville

J’ai grandi dans le quartier Limoilou à Québec. J’ai vécu un an à Vancouver, trois ans à Bruxelles, 5 ans à Montréal. J’ai aussi vécu trois ans à Comox (12 000 habitants, sur la bucolique île de Vancouver), un an à Saint-Joseph-de-Beauce (5000 habitants) et finalement 9 années à Beauceville (6004 habitants, incluant ma petite famille). On peut dire que j’ai une opinion fondée sur le sujet : la campagne a ses avantages, mais je préfère vivre en ville.

Voici 10 raisons pour lesquelles je suis une incontestable citadine :

1 – En ville, c’est possible d’être indépendante face à sa voiture.

Quand j’enseignais à Montréal, à distance de marche, je pouvais travailler dans une vingtaine d’écoles. À distance de métro, j’avais accès à la commission scolaire au complet. Ici, en Beauce, je roule, je roule, je roule. Quatre-cents kilomètres par semaine cette année, juste pour me rendre au travail. Ouf. En fait, on ne va nulle part à pied, même pas au dépanneur.

2- Marcher en ville, c’est tellement mieux!

Partir de la maison à pied et avoir 50 choix d’itinéraires. Découvrir sans cesse de nouveaux coins, un petit café, une ruelle fleurie. Déambuler sans but pendant des kilomètres, à admirer l’architecture urbaine et aboutir dans une fête de quartier ou un quelconque festival… Ça c’est la ville comme je l’aime…

Marcher en campagne? Ici où je vis, c’est l’éternel rang Saint-Joseph, les mêmes maisons, le long changement des saisons dans la même forêt. Et malgré que ça soit quand même joli, une fois la forêt bien feuillue en été, j’ai peur dès que j’entends grouiller dans le boisé. Un ours? Un coyote? Un chasseur??? Sans blague, je me sens pas mal plus en sécurité à travers le monde!

3 – C’est plus facile de se garder en forme en ville.

Je connais tellement de monde en ville qui marche pour aller au travail ou faire les courses, ou qui prend sa bicyclette. Des heures d’exercices chaque semaine, juste pour se déplacer. En campagne? Les fesses au chaud dans sa voiture, on trouve toujours un espace de stationnement à la porte! On ne fait même pas d’exercice pour pelleter notre stationnement nous-même, il est tellement trop grand qu’on engage un pro pour le faire!

4 – La ville est plus sécuritaire, malgré ce qu’on pourrait croire.

Je ne parle pas de mes peurs irrationnelles lorsque je marche dans un rang peu fréquenté… Je parle des kilomètres de route de campagne, beau temps mauvais temps, été comme hiver, pour me rendre au travail. Faire des prières au volant de ma voiture, des soirs de tempête où j’ai dû aller enseigner à 65 km de chez moi. Revenir à 30 km à l’heure sur une route secondaire glacée en me demandant si je vais finir dans un fossé. Avoir le cœur qui bat trop fort après avoir croisé un chevreuil en me disant que j’aurais bien pu le frapper si j’avais eu le pied trop pesant… Quel stress. Je ne m’ennuierai pas de ça. Vive la ville, malgré ses embouteillages.

5- En ville, c’est plus facile de sortir prendre un verre (et d’entretenir ses amitiés).

C’est pas compliqué, depuis que le bar le plus proche se trouve à 16 km de ma maison, c’est-à-dire depuis 10 ans, je ne sors plus. J’ai quelques amis ici qui ont eu le malheur de le faire, de se penser correct, et de perdre leur permis de conduire… Vive la ville, où tu peux sortir à pied, t’éclater aussi tard que tu veux et rentrer pour pas cher en taxi! Bref, depuis que je vis à la campagne, je bois seule dans mon salon. C’est pas trop sain.

6 – En ville, l’anonymat, c’est possible.

En campagne, quand quelqu’un te demande où tu habites, il ne veut pas juste savoir quelle municipalité, quel quartier ou même pousser l’audace jusqu’à savoir sur quelle rue tu restes… Non, il veut savoir quelle maison. Si tu lui dis c’était qui le propriétaire avant toi, et qu’il le connait, bingo, il est heureux de savoir où tu restes! La question suivante que tu te fais poser est « c’est qui ton père? » parce que forcément, un petit lien de parenté, ça fait toujours plaisir à découvrir…

7 – En ville, on se fout de ce que pensent les voisins.

J’adore mes voisins de la campagne. Ils sont vraiment gentils. Mais sérieux, quand on va partir, je vais frotter en maudit, au cas où les nouveaux propriétaires se mettraient à leur dire que j’étais juste une malpropre. Même 100 kilomètres plus loin, je vais encore m’en faire avec ce que mes (ex-) voisins pensent de moi…

8 – Il y a plus d’activités à faire en ville.

J’ai vraiment hâte d’enfin pouvoir m’inscrire à des cours de portugais, et de pouvoir me réinscrire à des cours de yoga. En région, ce qui m’intéresse est soit inexistant, ou alors l’offre est mince et ça ne cadre pas dans mon horaire. Et je ne vous parle pas de la désolante programmation de l’unique cinéma, où on joue rarement les films que je veux voir.

9 – On peut généralement trouver la campagne en ville, mais pas le contraire.

Qu’on pense à Central Park, à Stanley Park, au Mont-Royal ou aux plaines d’Abraham… L’escapade-nature en ville, c’est généralement possible. Le contraire ne s’applique malheureusement pas (désolée, mais une SAQ, un IGA, un Tim Hortons et deux pharmacies, je n’appelle pas ça un centre-ville… c’est un centre-village!!!)

10 – En ville, c’est moins cher.

Une étude récente démontre que la vie en ville coûte moins cher qu’en région. 3000$ de moins par année pour une famille de quatre. Surprenant, non? Ça s’explique facilement avec les frais de la voiture, dont on ne peut se passer en campagne. Je pense aussi que c’est le coût du American Dream, auquel on se laisse plus facilement tenter en région : la maison, le terrain, les autos, et l’entretien de tout ce beau style de vie. Il ne reste plus un sou pour sortir de son trou.

 

Note : Mes chers amis Beaucerons, prenez-le pas personnel… je vous aime d’amour, comme je l’ai exprimé dans ce récent article

Publicités

Hommage à la Beauce que je quitte

Dans quelques semaines, je retourne « vivre en ville », entrainant avec moi enfants et mari. Avant de partir, il me semblait impératif de rendre hommage à la Beauce que je quitte, dix ans presque jour pour jour après notre arrivée dans cette belle région du Québec.

Voici donc 16 coups de cœur de ma vie en Beauce.

1 – Le village de Saint-Joseph, où on a passé notre première année dans la région. Les couchers de soleil et la vue sur la vallée de la Chaudière qu’on avait de notre appartement, où j’ai vécu mes derniers mois de grossesse et les premiers mois heureux de ma vie de nouvelle maman. À Saint-Joseph, même les tempêtes étaient belles à regarder!

2 – Notre maison à Beauceville, qui a vu grandir mes deux filles. Tout l’amour qu’on a mis à la rénover… Prendre mon café au bord des fenêtres donnant sur la grande cour boisée, c’était un bonheur à chaque saison.

3 – La ville de Beauceville, pour ses services aux citoyens, sa bibliothèque municipale si bien garnie, sa patinoire qui a vu naitre la meilleure hockeyeuse olympique de tous les temps, sa piscine, son île Ronde animée, et même ses inondations si impressionnantes!

4 – Le camp de jour de la ville de Beauceville, le meilleur de toute la province 🙂 Mes filles y ont passé un été 2015 mémorable grâce à l’équipe d’animateurs et d’animatrices enthousiastes et à un programme d’activités incroyable à bas prix pour les parents.

5 – Nos voisins du quartier des Érables, qui ont partagé solidairement avec nous depuis des années la surveillance des enfants, beau temps mauvais temps.

6 – L’école primaire De-Léry de Beauceville. C’est la plus grosse école de la Beauce et ça me faisait un peu peur au début pour mes filles, mais quel bel encadrement, quelle implication de son personnel. Coup de cœur absolu pour sa prof d’arts, madame Claudia, qui a fait réaliser tant de belles œuvres à nos filles. Coup de cœur pour les enseignants engagés qui ne comptent pas les heures afin de produire chaque année le spectacle de Jeunes Talents, où Agathe a pu chanter sur une vraie scène lors de trois éditions. Coup de cœur pour le service de garde, où l’accueil est personnalisé malgré le grand nombre d’enfants présents chaque jour. Mes filles sont tristes de vous quitter, et je l’avoue, moi aussi…

7 – Notre chère gardienne Suzanne de Saint-Victor et son mari Grégoire. Merci d’avoir élevé nos filles avec amour, comme des membres de votre famille. Vous ferez toujours partie de la nôtre.

8 – Mes commerces préférés en Beauce:

  • La papeterie Debb de Beauceville, son sympathique propriétaire Yvon et ses employés accueillants. On y trouve une sélection et des prix à compétitionner le géant canadien que je ne nommerai pas, mais tellement plus plaisant de s’y arrêter!
  • Le poste d’essence Paquet en haut de la côte de l’hôpital à Beauceville. Propriétaire et employées vraiment sympathiques, qui te mettent ton gaz avec le sourire même à moins 30!
  • La boutique Vickie du carrefour Saint-Georges et ses vêtements exclusifs.
  • Le Rock Café de Saint-Georges, pour son menu et son ambiance. J’aurais aimé y aller plus souvent (mais c’est plate prendre de la bière et conduire…)

9 – La saison des érables en Beauce, un incontournable. Quel bonheur de voir notre voisin monsieur Longchamps venir installer des chaudières à nos érables chaque mois d’avril, de s’enquérir auprès de lui « si ça coule beaucoup » et de participer à la partie de sucre du voisinage qu’il organise chaque année. Sans parler de mon mari qui se faisait donner par ses élèves des cannes et des cannes de sirop… Depuis 10 ans, on n’a pas acheté un sac de sucre!

10 – Notre beau grand jardin, lieu expérimental et zen.

11 – La tristement fermée Auberge des Moissons de Vallée-Jonction, décor de rêve de notre mariage en plein-air, un jour d’été ensoleillé de 2011.

12 – La ponctualité des Beaucerons. Ça m’a pris plusieurs retards pour comprendre 😉

13 – Les opportunités de travail variées que j’ai pu saisir en 10 ans en travaillant dans une commission scolaire de région. Malheureusement, le travail se fait plus rare dans le secteur que j’ai choisi… ce qui explique en bonne partie notre départ. Quand même, j’ai vécu des expériences enrichissantes sur le plan professionnel à la commission scolaire de la Beauce-Etchemin.

14 – Mes élèves de la formation générale des adultes, pour votre persévérance à terminer votre secondaire malgré vos difficultés. Il y en a beaucoup que je n’oublierai pas, de Beauceville à Sainte-Justine à Saint-Georges en passant par Lac-Etchemin. C’est vous qui m’avez inspirée à tenir le coup malgré la précarité de mon emploi.

15 – Mes élèves immigrants à qui j’ai eu le bonheur d’enseigner la francisation à l’éducation des adultes. Particulièrement les travailleurs temporaires du Costa-Rica et autres pays d’Amérique Latine, et mon groupe d’élèves originaires de la Tunisie. Vous m’avez fait enrager parfois avec votre manque de ponctualité, mais j’ai eu tant de plaisir en votre compagnie. Je ne vous oublierai jamais et je vous souhaite d’être heureux ici.

16 – Mes collègues de l’éducation des adultes. J’ai apprécié votre ouverture d’esprit et votre sincérité et je repars riche de plusieurs amitiés…

P.S.: Enflez-vous pas trop la tête, les Beaucerons… à venir sur mon blogue: Pourquoi je préfère la ville à la campagne. 😉