Partir vite

J’ai toujours pensé qu’un grand changement dans la vie devait se faire de façon bien planifiée. Ça fait déjà 4 ans que j’avais des envies de partir vivre autre chose ailleurs. De l’Ile-du-Prince-Édouard à la Côte-Nord, à Rimouski, en passant par le Yukon et autres terres éloignées, j’en ai regardé des offres d’emploi au cours des dernières années. Chaque fois, mon mari me disait: « Let’s go now! » Mais je ne pouvais pas quitter mon emploi vite comme ça, vendre la maison et déraciner les enfants en deux semaines, sans préavis. Quand je dis que je ne pouvais pas, ce n’était pas que de façon logistique, mais aussi de façon morale. Dans mon système de valeurs, un grand changement, ça se prépare à l’avance, surtout quand on a des enfants à bousculer.

Alors voici qu’on s’y est pris 6 mois d’avance, à ma façon. On a vendu la maison en janvier pour un déménagement en juin. On a statué sur la destination, loué un appartement, inscrit à l’avance les enfants à l’école dans notre nouvelle ville, avec du temps pour que tout le monde puisse se faire à l’idée du départ.

La vie a donc le don de nous montrer qu’on n’a pas toujours raison. Depuis de nombreuses semaines déjà, ma plus jeune compte les jours qui restent avant la fin de l’année scolaire. Pas qu’elle a hâte que ça finisse, car elle adore l’école. Non, c’est plutôt un lent décompte de tristesse des jours qui restent avant de quitter ses amies, son milieu, et tout ce qu’elle connait. Dans ma carte de fête des mères, elle a même écrit, de sa belle calligraphie d’enfant de première année: « Maman, avec toi, je voudrais jamais, jamais, jamais aller vivre en Nouvelle-Zélande ». J’ai failli pleurer. On ne part pas pour la Nouvelle-Zélande, comme on y a bien pensé en vendant la maison, mais cette phrase traduit quand même pour moi toute la peine de mon enfant, peine qui semble grandir au fur et à mesure que le départ approche.

De mon côté, j’ai vécu des doutes, des revirements de sentiments, et même des avancées sur le plan de l’emploi, alors que j’avais décidé de partir en bonne partie à cause des mes frustrations professionnelles. Plusieurs fois par jour, je me suis demandé si on avait pris la bonne décision, et j’ai passé les six derniers mois à vivre ma vie comme si je n’avais déjà plus rien à faire ici, sans m’investir.

Encore 17 jours avant le départ. Il m’en aura fallu beaucoup plus pour apprendre qu’un changement bien planifié peut avoir ses revers.

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4 commentaires sur « Partir vite »

  1. Pas facile, le changement. Mais la vie nous amène souvent à nous dépasser.
    À fracasser ces limites qu’on s’impose, ces limites qui régissent notre quotidien…Un peu comme si les oiseaux n’osaient sortir de leur nid. Et pourtant… Le changement, c’est l’aventure, le renouveau, l’imprévu qui nous amènent vers de nouveaux horizons, nous font grandir encore un peu plus, un peu mieux… Je te souhaite, chère Sophie, un excellent nouveau départ, à toi et à ta famille!! De merveilleuses aventures!

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  2. Comme quoi, rien est jamais parfait! Des fois on pense faire pour le mieux et finalement, ce n’est pas le cas! Quoique dans un an, tout ça ne sera que du passé et on ne pensera plus que c’était « mal » de faire ça de cette façon là! 😛

    Courage!! 😀

    Aimé par 1 personne

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