Comment faire fitter le contenu d’une grande maison dans un petit 4 et demi

Selon de récentes études, une personne vivant en Mongolie possède en moyenne 300 objets. Au Japon, c’est 6000 objets par personne. Aux États-Unis, la famille typique vit dans une maison où on retrouve en moyenne 300 000 objets. Je n’ai pas détaillé chez nous, mais ça devait pas mal ressembler à ça, jusqu’à tout récemment.

J’ai quand même fait quelques comptes rapides: 3 divans dont un immense sectionnel, 2 sets complets de salle à manger, 9 bibliothèques, deux lits queen et deux simples, 3 bureaux de travail et leurs chaises, 6 tables d’appoint… Nous sommes une famille de quatre, mais on aurait facilement pu meubler un appartement pour une famille de réfugiés avec tout ce qu’on avait en surplus dans la baraque. On avait aussi deux (ou trois, ou quatre) fois trop de vaisselle, de draps, de serviettes, de tout. Le problème, c’est qu’on achète du neuf pour se faire plaisir, mais qu’on garde quand même le vieux, au cas où on aurait besoin d’extra… et que bien qu’on aime acheter, on n’aimer pas jeter ce qui est encore bon.

Ce n’est pas étonnant que l’idée de devoir emballer tout ça pour déménager ait un effet refroidissant. Et que je me prenne à être nostalgique de ma jeunesse, où j’ai déjà déménagé toutes mes affaires dans le coffre de ma Firefly!

Au cours de la dernière année, me sentant crouler sous le poids de nos possessions, ce n’est donc pas tout à fait par hasard si j’ai été attirée par des lectures faisant l’éloge du minimalisme, un courant qui gagne en popularité aux États-Unis. En gros, le minimalisme, c’est la version moderne de la simplicité volontaire. Il n’y a pas de règle et pas d’obligation d’être granola, juste des bons conseils.

En voici quelques-uns que je m’efforce d’appliquer, afin que le 24 juin prochain, ce que nous possédons fitte parfaitement et sans encombre dans notre nouveau petit logement de deux chambres à coucher:

1 ) Partir du principe qu’on se débarrasse de tout et qu’on choisit ce qu’on garde, et non le contraire!

2) Ne garder que les choses qu’on aime vraiment OU qui sont vraiment utiles.

3) Éviter les doublons inutiles: pas besoin de deux fouets dans la cuisine…

4) Réduire le nombre d’objets qu’on a en grande quantité. De combien d’assiettes a-t-on besoin pour vivre? De cuillères? De draps de rechange? De stylos? De crayons de couleurs pour les enfants? Il faut être réaliste et oser se donner des défis. Ainsi, mon mari et moi avons statué que 5 grandes assiettes et 5 petites, c’était suffisant pour notre famille. Si on a de la visite, il est possible que les assiettes ne soient pas toutes de la même grandeur sur la table, mais est-ce si important? De toute façon, dans la dernière année, on a reçu seulement deux fois deux personnes à dîner. Alors on peut s’adapter.

5) Faire le ménage des vêtements une fois pour toutes. À ce sujet, j’ai adoré les conseils du best-seller japonais Le pouvoir étonnant du rangement de Marie Kondo. Adieu le linge qu’on garde au cas où on maigrirait. Adieu celui qu’on a jamais porté et qui nous fait sentir coupable d’avoir dépensé une fortune pour l’acquérir (et adieu sentiment de culpabilité qui va avec). Adieu le vieux linge qu’on garde « pour l’intérieur », mais qu’on ne porte jamais. Adieu la petite robe qu’on conserve depuis 3 ans pour une occasion spéciale (si on a une occasion vraiment spéciale, les chances sont qu’on voudra s’en acheter une nouvelle!!!). Difficile de revenir en arrière une fois qu’on a goûté à la garde-robe désencombrée!

6) Oser se débarrasser des cadeaux. Ils ont joué leur rôle et rendu la personne qui nous les a offerts heureuse. S’ils n’entrent pas dans la catégorie 2 (objets vaiment aimés ou vraiment utiles), on s’en débarrasse.

7) Oser se débarrasser des souvenirs. Dans le processus, j’ai attaqué les 2 grosses boîtes en carton qui contenaient mes souvenirs de jeunesse et que je trimbalais d’un bout à l’autre du pays depuis 20 ans. Je les ai ouvertes avec une seule intention: regarder leur contenu et le jeter au complet. Je n’ai conservé que mon costume de patinage artistique, qui est de la taille actuelle de mes filles, quelques lettres (dont une de ma chère grand-maman, écrite il y a 30 ans) et quelques cartes postales dont j’aime toujours les images. J’ai jeté tout le reste. Même ma médaille d’argent et mes écussons de patinage artistique (mes filles voulaient les garder, mais je suis certaine que j’aurais fini par les ramasser sur le plancher deux jours plus tard). J’ai gardé ces objets pendant des décennies, pour les montrer à mes enfants un jour. Mission accomplie, je n’en ai plus besoin. Dans la catégorie des souvenirs, il y a aussi les portfolios d’école de mes filles: un gros cartable par enfant par année scolaire. On va réduire à un gros cartable pour tout le primaire.

8) Oser se débarrasser des photos imprimées, qui prennent beaucoup de place. Je pense qu’à ce jour, j’ai débarrassé la moitié des photos, mais on en a encore trop. Quand j’ai demandé à mes enfants combien de photos de chaque année de vie on devrait conserver en souvenir, elles m’ont répondu: une, c’est assez! Alors j’ai statué pour 10. À suivre!

9) Oser se débarrasser des choses qu’on garde au-cas-où. Une suggestion que j’ai lue, c’est la règle du 20-20: si on peut se procurer l’objet en question pour moins de 20 dollars à moins de 20 minutes de chez soi, on s’en débarrasse. Par exemple, des oreillers pour l’improbable visite à dormir.

10) Accepter de se débarrasser de certaines choses qui ne servent qu’une fois par année. J’ai averti toute la famille, on ne fera pas de sapin de Noël dans notre nouvel appartement, on décorera autrement. On libère ainsi 4 boîtes d’entreposage de boules et de guirlandes.

11) Accepter de laisser aller des choses qu’on aime. Il faut se rendre à l’évidence, notre divan sectionnel n’entrera pas dans notre nouveau salon. Nos super tabourets d’îlot de cuisine non plus. Il va falloir vendre des choses qu’on aime, et peut-être même accepter de les laisser aller à petit prix ou de les donner, si on n’arrive pas à les vendre. Pour me consoler, je relis cette citation d’Andy Law, déjà publiée dans mon dernier article: « Unless you are prepared to give up something valuable, you will never be able to truly change at all, because you’ll be forever in the control of things you can’t give up. »

Alors vous vous demandez peut-être, en lisant cet article: Pourquoi tant vouloir posséder moins? Pourquoi vouloir vivre dans plus petit?

J’en conviens, notre démarche est à contre-courant. La plupart des familles avec deux jeunes enfants quittent leur apparte pour acheter une grande maison, pas le contraire! Je rencontre beaucoup d’incompréhension autour de moi: quelques personnes m’ont même demandé si on allait mettre nos affaires en storage. Je sens bien que certains voient notre changement comme un sacrifice, voire un recul. Mais pour nous, ce changement est une aventure. Comment allons-nous nous adapter à un si petit espace? Ça fera sans doute l’objet d’un article dans quelques mois.

Vivre dans plus petit, ça veut dire payer moins pour nous loger, et retrouver ma liberté au niveau professionnel.

C’est retourner vivre en milieu urbain, ce qui me ressemble beaucoup plus.

Posséder moins, c’est retrouver davantage de mobilité, le poids du déménagement étant allégé.

C’est se débarrasser des choses qui représentent notre attachement au passé, pour mieux vivre notre présent, et ouvrir grandes les portes du futur.

C’est passer moins de temps à faire du ménage, c’est moins de traîneries à ramasser.

C’est une prise de conscience et c’est arrêter de dépenser notre argent pour avoir toujours plus.

C’est des valeurs différentes inculquées à nos enfants.

Pour toutes ces raisons, ça vaut la peine d’essayer, non?

 

 

Note: Ne pensez surtout pas que tout ça se fasse sans anicroche: pendant que j’écrivais ces lignes, mon charmant mari est allé s’acheter une nouvelle imprimante, juste pour lui, parce qu’il aime imprimer ses partitions quand il joue de la musique au sous-sol et qu’il est tanné de devoir monter à l’étage pour le faire. Ajoutons donc à ma liste du début: deux f…* imprimantes.

À suivre… 🙂

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10 choses que j’ai apprises sur le plan professionnel

Dans quelques mois, nous quitterons notre village pour la ville, nous quitterons notre belle et grande maison pour un appartement, mes enfants quitteront leur école et leurs amis, et moi, je quitterai mon emploi sécurisant pour je-ne-sais-quoi. En fait, mon départ est déjà annoncé à mon employeur et à mes collègues, il aura lieu à la fin de l’année scolaire. Je ne reprendrai pas la classe en septembre, je ferai autre chose, pour un temps du moins.

C’est donc l’heure des bilans.

Voici mon bilan professionnel des 10 dernières années, où j’ai travaillé pour une seule commission scolaire, mais exercé diverses fonctions: enseignante/suppléante au primaire, animatrice de groupes de parents du préscolaire, agente de développement de programmes, rédactrice d’examens, conseillère pédagogique, enseignante à l’éducation des adultes en français, espagnol, anglais, et français langue seconde pour les immigrants, animatrice de loisirs en résidence de personnes âgées. Name it, I’ve done it! Il y a eu des hauts et des bas, des espoirs et des déceptions, la longue attente pour un emploi rêvé, pour finalement rendre les armes, au bord de l’épuisement.

Voici donc 10 choses que j’ai apprises en 10 ans, en espérant que ce partage pourra alimenter votre propre réflexion:

1- Il n’y a pas de job parfaite. 

Chaque emploi que j’ai exercé comporte ses hauts et ses bas. Il y aura toujours des tâches qu’on aime moins, un collègue qui nous fait souffrir (0u un élève, ou un client, dépendamment de ce qu’on fait), ou des irritants comme l’horaire de travail ou l’aménagement des lieux qui ne correspond pas à notre feng-shui personnel. La job parfaite est celle où, malgré tout, on est content de se rendre chaque matin, où on sent qu’on a une utilité et qu’on est apprécié.

2- Si jamais tu penses que tu as enfin trouvé ton emploi de rêve… profites-en! 

Et surtout, ne t’accroche pas trop. Un an plus tard, les choses auront changé: nouveaux collègues, nouvelle direction, baisse de clientèle et heures coupées… Les gens défilent, tout évolue, et cet emploi parfait que tu possèdes un jour sera forcément appelé à changer. Je l’ai appris à la dure… en 2009, j’ai occupé cet emploi de rêve. Chaque matin, je me pinçais en me rendant au travail, certaine que les 10 années précédentes n’avaient servi qu’à m’amener là, enfin! Quelques mois plus tard, j’étais transférée. Pendant les années qui ont suivi, j’ai patiemment occupé d’autres emplois, dans l’espoir de retourner un jour à mon emploi de rêve. Bien vous savez quoi, cette école est en train de fermer! Ce qui m’amène à mon constat suivant…

3- L’attente n’est pas une bonne stratégie professionnelle.

Après 67 mois d’attente, j’ai réalisé combien de temps j’avais perdu à espérer un emploi qui ne reviendrait jamais. 67 mois, vous vous rendez compte! Ça m’est apparu en pleine face après 5 ans et demie, qu’au lieu de faire ce qui me rendait heureuse, je faisais ce qu’il fallait pour arriver à obtenir un jour un poste d’enseignante de français à l’éducation de adultes. Je me suis dit que certains de mes collègues prendraient leur retraite, et qu’un jour ou  l’autre, ça serait mon tour, puisque dans le système dans lequel j’évolue, c’est l’ancienneté qui prime. Je n’avais pas prévu la baisse de clientèle, les écoles qui ferment, les emplois qui se raréfient. Quel gâchis, quel temps perdu, à occuper des emplois « en attendant ». J’aurais dû écouter mon cœur depuis le début, et tenter de trouver l’emploi qui aurait pu me rendre heureuse maintenant. Je crois sincèrement que c’est la leçon la plus importante que j’ai apprise au cours de mon passage ici.

4-Personne n’est irremplaçable.

Il est bon de se le rappeler, parfois, quand on pense qu’on est obligé de faire un travail parce qu’on est seul à pouvoir le faire… On a tendance à se dire Mon Dieu, qu’est-ce qu’ils vont faire sans moi? Non seulement nous sommes tous remplaçables, mais possiblement par meilleur que soi. Leçon de vie avec expérience à l’appui. Un peu difficile sur l’égo, mais enlevons-nous un peu de poids de sur les épaules!

5- Être un leader naturel ne veut pas dire qu’on va aimer avoir un rôle de leadership.

J’ai toujours eu du leadership au sein de mes groupes de travail. Même dans la jeune vingtaine, on apprenait à me connaitre, et rapidement, on me faisait confiance et on me « donnait de la place ». Je me suis toujours identifiée à cette caractéristique, et c’est une des raisons pour lesquelles je suis allée en enseignement. Mais là où j’ai trouvé ça plus difficile, c’est d’occuper un poste de conseillère pédagogique, et d’avoir constamment le leadership officiel du groupe d’enseignants: préparer les rencontres, les animer, motiver les troupes. Finalement, c’est devenu un fardeau plus qu’un plaisir. J’ai appris qu’à choisir, je préfère laisser le leadership officiel à d’autres et exercer le mien en tant que simple membre de la brigade.

6- C’est difficile de résister à « monter » quand on a les capacités.

Quand on est une personne efficace et compétente, on se fait naturellement donner plus de responsabilités. C’est si facile de dire oui: notre égo aime être ainsi reconnu, et parfois même le salaire augmente. Mais on ne devrait pas accepter de nouvelles responsabilités pour ces raisons. Les seules bonnes raisons devraient être parce que la nature des tâches nous intéresse et nous rend heureux, ou que ces nouvelles responsabilités correspondent à ce que nous souhaitons vraiment accomplir. Qui plus est, il est ensuite difficile de « redescendre », ce qui veut dire abandonner nos nouvelles responsabilités, et passer pour une lâcheuse.

7- Si tu n’arrives pas à te faire de véritables amis au travail, quitte cet emploi!

Quand tu ne connectes pas vraiment avec les gens que tu côtoies pendant la majorité de ton temps éveillé, quand ce monde-là c’est pas ton genre de monde, quand tu n’as pas d’atomes crochus, ça vaut la peine d’aller voir ailleurs. Plusieurs me diraient sans doute que j’ai des attentes démesurées, que se faire des amis au travail, ce n’est pas si important que ça. Mais si je refais le point de mes 27 années sur le marché de l’emploi, ce que je dis est pas mal vrai, pour moi en tous cas. Les emplois où j’ai été le plus heureuse sont ceux où je me suis fait de bons amis, des vrais, avec qui j’ai eu envie de prolonger la journée et d’aller prendre un verre une fois sortie du boulot. Et ceux où j’ai été le plus misérable sont ceux où je me sentais comme un extra-terrestre. Je l’ai vécu alors que j’étais encore étudiante, quand j’ai travaillé dans une boutique de porcelaine du Château Frontenac, avec des collègues dont la moyenne d’âge était au-dessus de 60 ans. Je l’ai vécu ici, dans certains de mes emplois. Et je le vis cette année, où, encore pire, je me promène d’école en école, et ne fais vraiment partie d’aucune équipe.  Ce qui m’amène au constat suivant…

8- Faire partie d’une équipe, c’est un must.

De nombreuses recherches le démontrent, l’un des facteurs les plus importants du bonheur au travail est la collaboration avec les autres et la saine ambiance de travail. Pour moi, c’est tout à fait vrai, et c’est même essentiel. Sans équipe, j’avance moins loin malgré mes bonnes idées, j’ai tendance à être plus négative, et je me sens seule!!! Oui, j’ai mes élèves, mais ces derniers ne peuvent remplacer les collègues, même si ce sont des élèves adultes et très gentils. On ne partage pas les mêmes défis, les mêmes objectifs, la même mission. Dans mon prochain travail, je veux avoir une belle équipe autour de moi!

9- Même en situation de précarité d’emploi, il faut faire respecter ses droits.

On a tendance à se dire, lorsqu’on n’a pas de sécurité d’emploi: si je me plains, ils ne me donneront plus de travail.  Il y a 8 ans, un directeur a refusé de m’engager car j’étais enceinte. Il me l’a dit clairement au téléphone, ajoutant que ça ne valait pas les efforts de me former pour que je parte ensuite en congé de maternité, et de le recontacter quand mon bébé entrerait à la garderie. Ce que j’ai fait, sachant que ce qu’il venait de me dire était de la discrimination tout à fait illégale au Canada. Mais je n’allais pas porter plainte et ensuite ne jamais me faire embaucher (ou du moins, ce que je croyais: Qui veut engager une trouble-fête?) Résultat: plusieurs personnes ont été engagées avant moi, et j’ai subi ensuite des années de précarité, à passer toujours derrière ces personnes. Je ne dis pas que j’aurais dû aller en cour, mais j’aurais pu trouver la façon de nommer l’acte de discrimination de façon respectueuse lors de cette conversation. Peut-être que je lui aurais fait réaliser son geste, à ce directeur, et que j’aurais finalement eu l’emploi. Je ne le saurai jamais, au lieu de ça, je lui en ai voulu pendant des années. J’ai hésité avant d’inclure ce point à mon article, parce que j’hésitais encore à dénoncer, même des années après. À partir d’aujourd’hui, je me tiendrai debout!

10- Plus tu gagnes cher, plus c’est difficile de quitter ton emploi.

Cette année, je viens d’atteindre le sommet de l’échelle des enseignants. Alors même en n’obtenant pas de contrat à temps plein, je gagne 3 fois plus qu’une personne au salaire minimum. Voici mon raisonnement typique à ce sujet: Tant qu’à me trouver un emploi qui paie trois fois moins, je vais travailler un tiers du temps pour le même prix, et avoir le reste de temps pour moi. Je me mens à moi-même quand je dis ça!  J’ai besoin de cet argent, car je dois entretenir ma voiture (400 km par semaine juste pour me rendre au travail), payer l’hypothèque, les rénovations de la maison, les assurances à n’en plus finir, les cours des enfants, le déneigement, les beaux vêtements, etc, etc, etc… la liste est looooongue. Mais malgré tout, je n’ai jamais d’argent pour ce qui m’intéresse vraiment: voyager, et prendre du temps pour moi. Alors à quoi bon? Vendre la maison, trouver un travail à distance de marche. Voici mes premières stratégies pour me libérer d’un emploi payant, mais où je ne suis plus heureuse. Ce salaire que je quitte, c’est le prix que je donne à ma liberté.

« Unless you are prepared to give up something valuable, you will never be able to truly change at all, because you’ll be forever in the control of things you can’t give up » -Andy Law.

 

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Qu’est-ce que ça prend pour être heureux?

Je me la pose souvent, cette question-là.

C’est que voyez-vous, ces dernières années, j’avais tout pour être heureuse. La belle maison (le décor parfait pour que mes filles aient une enfance heureuse), des enfants en santé, un beau mari, une certaine sécurité d’emploi, un bon salaire. Une vie apparemment parfaite, et malgré cela, l’impression que si je passais une année de plus ici, dans ce décor, j’allais y laisser ma peau.

Je me sentais comme un oiseau en cage.

Alors on a vendu la maison, et on part. Pour un ailleurs pas aussi loin que je l’aurais souhaité, et où je ne sais ce que je vais trouver. Certains moments, je me sens coupable…  J’ai cette impression de vivre une fuite, et de faire payer mon mal-être à toute ma famille. Je pense à cette phrase qu’on entend si souvent: le bonheur est l’intérieur de soi. J’ai beau me dire ça depuis des années, je ressens, au plus profond de moi, que mon bonheur à moi est ailleurs.

Il n’y a pas que cette phrase qu’on entend souvent sur le fameux bonheur. J’ai fait un petit google, et j’ai trouvé ces affirmations que vous reconnaitrez sans doute:

« Le bonheur, c’est maintenant »

« Le bonheur est partout »

« Le bonheur vient de l’intérieur »

« Fais ce que tu aimes et tu seras heureux »

« Le bonheur est la seule chose qui double quand on le partage! »

« Le bonheur se cultive »

« Le bonheur n’est pas une destination, mais une façon de voyager »

« Le bonheur, c’est d’aimer ce que vous avez »

« Il n’y a pas de clé pour le bonheur, la porte est toujours ouverte »

Le genre de phrases pour te faire déprimer quand tu files malheureux. (Coudonc, le bonheur est partout, pis moi je le vois pas… ça se cultive, je dois être vraiment mauvaise jardinière… fais ce que tu aimes… facile à dire… aime ce que tu as… pourquoi je suis pas heureuse alors que j’ai TOUT?!!!!!!!)

Vous imaginez mon intérêt quand je suis tombée hier, tout à fait par hasard, sur le dernier numéro du magazine Science et Vie, qui contient un dossier intitulé: Le bonheur, mais où se cache-t-il?

J’y ai appris des choses vraiment intéressantes. Pas juste des belles phrases à afficher sur son frigo, mais des informations scientifiques, dont certaines viennent contredire les croyances populaires.

Ainsi, selon les recherches, il y aurait des gens plus heureux, d’autres moins heureux. C’est génétique. Alors oui, le bonheur est à l’intérieur de soi, sauf que certains en ont plus que d’autres! Injuste, hein?

Ensuite, les événements de la vie d’une personne n’influencent pas vraiment son bonheur. Temporairement, oui, mais généralement pas au-delà de deux ans, où peu importe ce qui s’est passé dans son existence, l’humain revient à son niveau de bonheur initial. Ainsi, après avoir gagné le million, les gens reviennent au bout de 2 ans à leur niveau de bonheur d’avant. Même chose pour la maternité. Le bonheur de la mère croit tout au long de la grossesse, pour atteindre un pic à la naissance, et redescendre tranquillement jusqu’à ce que l’enfant ait trois ans. Alors, c’est le retour à la case départ.

Voilà donc qu’en déménageant, je m’achète 2 ans de tranquilité. Après ça, retour à la case noire..? Ouille.

Toujours dans cet article, j’ai appris qu’il y aurait aussi deux types de personnes, avec des gènes différents ayant un impact sur le bonheur. On aurait identifié la partie de l’ADN responsable. Si certains sont plus à risque de sombrer après un certain nombre d’événements malheureux, ils réagissent aussi mieux aux thérapies. Génétiquement, certaines personnes sont aussi plus sensibles à leur environnement.

Je vulgarise peut-être trop, mais scientifiquement, changer de décor pourrait donc rendre certaines personnes plus heureuses? Le bonheur ne serait donc pas qu’à l’intérieur de soi, comme on essaie de nous en convaincre si souvent? Docteur, je serais donc normale? Oubliez le Prozac, réservez-moi vite un truck de déménagement!

QU’EST-CE QUE LE BONHEUR?

L’autre chose vraiment surprenante, c’est la définition que donnent certains spécialistes au bonheur. Même si on le mesure généralement dans les études en posant aux gens des questions du type « Sur une échelle de 1 à 10, comment évalueriez-vous en ce moment votre niveau de bonheur? », se fiant aux sentiments des gens, certains scientifiques définissent le bonheur comme « l’état de quiconque se réjouit de ce qu’il va vivre ».  Ils ont trouvé ça en analysant ce qui se passe dans le cerveau lorsqu’une personne se sent heureuse. Selon les observations, le bonheur, plus que tout, serait le fruit d’une représentation positive du futur. 

Ceci explique sans doute pourquoi, depuis qu’on a vendu la maison, je me sens déjà plus heureuse, sachant que je m’apprête à vivre une nouvelle vie, même si, dans le quotidien, c’est l’ancienne vie que je vis toujours, celle qui me rendait malheureuse il y a 3 mois à peine. Oui, tout serait donc dans la tête, même si ça contredit la théorie énoncée précédemment. Et ça explique aussi pourquoi, au fond, j’étais si malheureuse depuis 5 ans, déçue année après année de ma situation professionnelle et me rendant à l’évidence que les choses ne risquaient pas de s’améliorer. C’est simple: No future = No happiness. 

Le bonheur, ce n’est donc pas que maintenant, tant pis pour la croyance populaire.

ET LES AUTRES DANS TOUT ÇA?

Il n’y a pas de hasard, j’ai aussi vu récemment  un TED Talk du chercheur Robert Waldinger, où ce dernier rend compte de la plus longue étude réalisée sur le bonheur. C’est du sérieux, l’étude provient de Harvard. Ils ont interviewé pendant toute leur vie deux groupes d’hommes, l’un composé d’étudiants à la vie prometteuse, l’autre composé de jeunes hommes issus d’un milieu défavorisé. Ils les ont suivis depuis les années 30. Certains ont vécu pauvres, l’un d’eux est devenu président des États-Unis. Après 75 ans d’analyse, ils en sont venus à la conclusion que le facteur le plus déterminant d’une vie heureuse est la qualité des relations humaines d’une personne. Vivre bien entouré rendrait plus heureux, ça c’est bel et bien vrai.

Cultiver son bonheur, c’est donc possible, en cultivant d’abord ses relations.

Je m’apprête à quitter une région où j’ai mis des années à tisser des liens, et où, malgré tout, je souffre encore parfois de « ne pas avoir d’amis », en grande partie par ma faute. Dans ma nouvelle vie, je me promets de m’investir davantage à ce chapitre. Je me promets aussi de ne plus rester pendant des années dans une situation où le futur me semble désespéré.

M’ouvrir aux autres, choyer mes proches et croire en un avenir heureux.

Ça semble si simple 🙂

Tout ce que je veux, c’est vendre de la crème glacée

Les 12 derniers mois ont pas été faciles, il faut que je vous le dise.

Après un accident de ski et 189 jours de congé de maladie, à me demander si un jour je reprendrais ma vie d’avant…

Après avoir repris le travail à 50 % d’abord, puis à 110 % pour compenser le manque d’heures du début…

Après maintenant 23 semaines à parcourir en moyenne 90 kilomètres par jour pour me rendre au travail, dans des routes de campagne de marde et dans des conditions météo pas toujours drôles et souvent imprévisibles…

Après m’être adaptée depuis septembre à 93 nouveaux élèves âgés de 16 à 94 ans, chacun avec ses besoins, ses objectifs, ses difficultés, ses diagnostics, ses rêves et sa personnalité propre…

Après avoir eu à enseigner de l’alphabétisation, du français, des maths, de l’informatique, de la francisation, du cerveau actif, de l’histoire et préparé des cours pour 26 niveaux ou matières différentes (oui, oui, dans la même semaine!)…

Après m’être déboité l’épaule à trainer ma boite à lunch, mon gros sac d’école, ma sacoche, mes souliers pour l’intérieur et parfois mon ordinateur portable dans 6 écoles différentes et deux résidences pour personnes âgées chaque semaine…

Après avoir regardé ma situation professionnelle en face et vu que ça m’avait pris 7 ans d’attente et d’investissement pour en arriver là…

Après être allée en vacances au bout du monde, avoir décroché, être revenue et m’y être replongée de force, au coeur de l’hiver…

Après avoir, par dessus le marché, enduré jour après jour des douleurs chroniques, souvenirs trop présents de mon accident de 2015…

Il faut que je vous dise, après tout ça, j’ai pas juste envie de vendre ma maison et de déménager. J’ai envie de changer de vie. J’ai des images tout à fait fabuleuses dans la tête, quand je pense à mon avenir rêvé…

Je me vois derrière mon comptoir de crème glacée, avec mon petit tablier fleuri, mon beau sourire et mes clients satisfaits, préférablement dans un pays où il fait toujours chaud…

On a vendu la maison et on déménage, oui. Mais soyons réalistes, les chances que j’aille vendre de la crème glacée au salaire minimum sont… minimes. Car j’aime aussi le luxe, ça aussi il faut que je vous le dise. Faudrait que j’aie mon commerce, et ça, c’est une autre paire de manches (et de chaines, ce dont je n’ai aucune envie).

Je voudrais juste vendre de la crème glacée, ou des brioches, ou encore des souvenirs aux touristes, comme quand j’étais étudiante, mais la tentation est grande de sauter sur la première « vraie » job à l’horizon. La preuve, je viens de passer une entrevue pour le type d’emploi que j’ai osé quitter il y a deux ans. Un beau poste en éducation à Québec, qui mettrait à profit mes 20 années d’expérience dans le domaine. C’est tellement plus simple de sauter sur la première case sécurisante que de réaliser ses rêves…

J’ai envie de changer de vie mais je m’en rends compte, ça sera pas si facile non plus.

Redevenir locataires après avoir eu sa maison: guide de survie

En étant propriétaires, on fait ce qu’on veut, surtout quand les voisins sont plutôt loin. On peut laisser les enfants peindre sur le plancher du sous-sol, on peut jeter des murs à terre, on peut décider de refaire sa salle de bain en rouge et on peut même enlever les portes des garde-robes sans les remplacer, juste parce qu’on aime ça de même. Quand on a vécu longtemps dans sa propre maison et qu’on retourne en appartement, il faut se préparer au choc de recevoir une liste de règlements à respecter. Sur l’égo, ça fait un petit quelque chose. Comment dire, il faut lutter pour ne pas se sentir… infantilisé? Voici en exemple quelques règlements qui m’ont beaucoup surprise à la signature de notre bail:

  1. Interdiction de faire une vente de garage sans la permission écrite du propriétaire. (Dommage, surtout qu’on déménage sur une rue où circulent beaucoup de piétons et que ma plus vieille saura vite flairer l’occasion d’y faire de l’argent!)
  2. Interdit de suspendre un drapeau patriotique devant notre balcon (même le jour de la fête du Canada?)
  3. Comportement: « Le locataire doit se comporter de façon à ne pas troubler la jouissance normale des autres locataires, sous peine d’expulsion ». (Je comprends, c’est la loi… c’est juste que la formulation est drôle!!!)
  4. Obligation de maintenir le chauffage à minimum 18 degrés, et attention, maximum 24 degrés. (Munitions pour mon mari pour me faire baisser le coût de la facture d’électricité).
  5. Interdiction de jeter ses déchets dans la cour et obligation d’utiliser la poubelle.
  6. Interdiction d’avoir un lit d’eau. (ça existe encore?)
  7. Le nettoyage du plancher flottant se fait avec un linge légèrement humide. (Merci pour les conseils ménagers…)
  8. Interdiction de faire des rénovations. (Voilà qui ENCHANTE mon mari. C’est LE règlement par excellence!)
  9. Obligation d’avoir le téléphone.
  10. Interdiction de mettre de la couleur au plafond. De plus, il faut une autorisation écrite pour peindre le logement en foncé. (Ça ne sera pas notre problème, on a choisi notre appartement car il est fraichement rénové de A à Z. Aucune peinture en vue!)
  11. Des frais de 25 $ sont exigés par double de clés. (AYOYE!!! On en a besoin de 3!)
  12. Des frais de 50$ sont exigés pour un débouchage de toilette. (Je réalise enfin la valeur du travail de mon homme…)

En terminant, il faut que je vous le dise, tout ça, ça se digère bien, quand trois jours après avoir signé cette liste de règlements, on reçoit son compte de taxe de la maison qu’on vient de vendre… et qu’on se rend compte qu’il équivaut à QUATRE mois de loyer.

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Billet à venir sur le même thème: Comment faire fitter le contenu d’une grande maison dans un logement de quatre pièces et demi. Ça vous intéresse? Abonnez-vous à ce blogue!

 

Les possessions

Les meubles

La vaisselle

Les rideaux

Les pôles de rideaux

Les jouets et les déguisements

Les jeux de société

Les livres qu’on aime

La paperasse et les vieux rapports d’impôt

Le matériel d’enseignement (des tonnes)

Les vêtements d’hiver

Les vêtements de trop

Les cintres, les paniers de lavage

Les bacs de poubelle, les bacs de recyclage

Les skis, les raquettes, les traîneaux, les casques, les vélos, les patins, la trampoline

Les disques, les DVD

Les ordinateurs et l’imprimante

Les électros

Les albums photos

Les souvenirs

La robe de mariée

La collection de roches ramenées de voyages

Les draps, les 49 serviettes (sans blague!)

Les oreillers

Les matelas

Le kit complet de camping

Les cadres et les tableaux

Les décorations de Noël

Les bacs d’objets hétéroclites

Les plantes

Les outils

La tondeuse

Les pelles et les râteaux

Les voitures

Le contenu du garde-manger

La maison.

On pourrait choisir de louer un container et mettre ce qu’on souhaite garder sur un bateau. Mais je ne pense pas qu’on décide de faire ça. Ça coûte très cher, et à quoi bon partir si loin si c’est pour vouloir recréer son chez-soi à l’autre bout du monde?

Il y a les choses remplaçables, comme la vaisselle et les rideaux, mais qu’il faudra racheter là-bas et racheter encore si un jour on revient. Et il y a les choses irremplaçables, difficiles à se départir, comme les souvenirs, les meubles de famille ou ceux construits par mon mari. Pour les enfants, il y a un grand attachement aux objets personnels, particulièrement aux trop nombreux toutous et aux jouets reçus en cadeau.

Plus on a de possessions, plus on aime ce qu’on possède, et plus la liberté de partir est coûteuse financièrement et émotivement. Ça a l’air superficiel, mais c’est un grand facteur dans la décision d’aller vivre ailleurs et ça va demander beaucoup de doigté pour transformer cette expérience en quelque chose de positif pour les enfants. Beaucoup de détachement et de confiance en la vie pour les parents. Et beaucoup, beaucoup de travail pour vider la maison.

C’est peut-être un peu pour ça que je me suis laissée convaincre d’attendre encore, le temps que mon mari soit prêt lui aussi à voguer vers de nouveaux horizons. Pour l’instant, notre ailleurs sera donc à 100 km à peine, où on vient de louer un petit appartement – environ 25% de superficie de notre maison actuelle. On devra faire des choix parmi nos possessions, mais pas se débarrasser de tout, tout de suite. Une période de transition.